L’infernale comédie. Mike Resnick

ActuSf vient de rééditer en un seul volume les trois romans de Mike Resnick du cycle de l’Infernale Comédie, précédemment édité en trois volumes dans la défunte collection Présence du Futur de Denoël, en 1998.

Pour l’occasion, l’éditeur a misé sur un très bel ouvrage, cartonné avec jaquette, et beau papier bouffant, qui donne à l’ensemble le volume d’une bible ou d’un dictionnaire bien qu’il ne fasse « que » 670 pages. Cet effort justifie pleinement le prix de trente euros, dans l’absolu un peu élevé.

Dans ces trois romans, Resnick transpose dans le futur et sur d’autres planètes, l’histoire de la colonisation de trois pays Africains : le Kenya, le Zimbabwe et l’Ouganda. La puissance coloniale, dans ce futur hypothétique, c’est l’Empire humain, qui colonise des planètes sur lesquelles préexistent des populations autochtones.

Les histoires des trois planètes sont singulières, mais la colonisation finit toujours de façon dramatique pour les mêmes raisons :  choc des cultures, différentiel d’évolution technologique, tentative d’imposer un modèle de développement économique par la puissance coloniale, corruption, armement des autochtones pour favoriser les guerres entre eux.

Resnick a respecté scrupuleusement l’histoire coloniale des trois pays. Le tableau est une violente charge anti-coloniale. Aussi bonnes soient les intentions de départ, à la fin, c’est le sang et la misère. Alors la puissance coloniale s’en va, après avoir créé des situations inextricables, et rendu ces pays (pardon, planètes) incapables de gérer la nouvelle situation.

Dans les différents romans, Resnick insiste sur le point de vue des premiers colons, qui pleurent, après que les dégâts soient devenus irrémédiables, leur paradis perdu. Oubliant un peu vite qu’ils ont ouvert la voie au désastre.

L’écriture de Resnick est sans fioriture mais efficace. La structure des trois romans n’est pas identique (point positif qui permet de renouveler le plaisir de lecture). Dans Paradis, le premier, le personnage principal et narrateur est un observateur extérieur. Dans Purgatoire, la narration se rapproche d’un reportage. Enfin, dans le troisième, Enfer, le récit suit deux personnages : Susan Beddoes, qui a exploré la planète en vue de sa colonisation, et Arthur Cartright, qui va tenter de trouver une solution différentes, pour ne pas reproduire les erreurs passées de la colonisation. Malheureusement sans succès.

Le constat est sombre, difficile de trouver la moindre note d’optimisme dans les récits de Resnick, ni le moindre grain d’espoir en la nature humaine.

Romans traduits de l’Anglais (États-Unis) par Luc Carissimo
Paru chez ActuSF

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Une réponse à L’infernale comédie. Mike Resnick

  1. Phil dit :

    Il me tentait bien, celui-là – après ça, vais assurément le lire !

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