La Cité du Futur. Robert-Charles Wilson

Beaucoup de changements en ce printemps chez Denoël Lunes D’encre, dans le fond et dans la forme.

Gilles Dumay, qui porte la collection depuis sa création, s’en est allé vers d’autres aventures, et est remplacé par Pascal Godbillon, qui dirigeait déjà Folio SF. Il n’est donc pas tout à fait en terrain inconnu, et cumulera les deux fonctions. Espérons que la pérennité de la collection ne soit pas en question.

Changement graphique aussi, avec un nouveau « logo » pour Denoël, si on peut appeler ça logo. Trois point à la place du tréma au dessus du E, ces trois points se retrouvant sur la couverture, comme sur tous les bouquins de Denoël. Une sorte de charte unifiée pour reconnaître d’un coup d’œil la maison, je suppose.

Pour le moment, le programme prévu semble suivre son cours, et c’est avec un plaisir certain que j’ai découvert La Cité du Futur de Robert Charles Wilson dans ma boite aux lettres : malgré le départ de Gilles, l’attaché de presse de Denoël a conservé mon adresse, c’est bien sympa !

Ce n’est pas la première fois que Wilson traite du voyage dans le temps. Il y a avait eu À travers temps au début de sa carrière, que nous n’avons découvert France qu’assez tardivement. Un roman de bonne facture mais assez traditionnel dans sa construction et dans le traitement du thème.

La Cité du Futur est bien plus original. L’action se déroule dans le dernier quart du XIXè siècle, aux États-Unis, alors qu’est apparue quelques années auparavant, en plein desert, une cité construite par des gens venus du XXIè siècle.  On ne saura pas vraiment quelle est la technologie employée par ceux ci pour voyager dans le temps, s’ils l’ont eux même découverts ou s’ils l’ont appris d’autres personnes venant d’un futur encore plus lointain. Une chose est sûre, elle met en jeu la théorie des multivers, ce qui empêche tout paradoxe temporel : on ne voyage pas dans son propre passé mais dans un passé parallèle. On peut y tuer son grand père sans risque de disparaitre. Et si on élimine le grand père d’Hitler, c’est dans l’espoir d’éviter le nazisme à cette autre ligne temporelle, mais ça ne changera rien dans celle dans laquelle on est né.

L’histoire est racontée du point de vue d’un homme de ce passé, Jesse Cullum, qui est employé par les gens du futur pour aider au fonctionnement et à la sécurité de la cité. La cité est une initiative privée d’un homme d’affaire, August Kemp, dont le but est d’en faire une destination touristique pour les fortunés de son époque. L’installation est prévue pour cinq ans, pendant lesquels une sécurité maximale est nécessaire pour éviter de trop grands transferts techniques qui pourraient déstabiliser l’époque, plus encore que la simple présence de la cité ne le fait.

Dans ce contexte, Cullum est entrainé dans un tourbillon d’événements qui vont faire ressurgir son passé trouble.

La Cité du Futur est une sorte de Western, mâtiné de polar (ou vice-versa), le tout dans un contexte de science fiction. Robert Charles Wilson maîtrise son sujet et sa technique narrative. Il nous livre ici un roman efficace et addictif. Pour bien profiter du contexte, j’ai dû faire appel Wikipedia plusieurs fois, n’étant pas un spécialiste de l’histoire des États-Unis du XIXè siècle. Sans que ce soit gênant, c’était plus par curiosité pour voir dans quelle mesure le passé alternatif était altéré. La narration est menée tambour battant, ce qui incite à lire se roman très vite ! Robert Charles Wilson, une fois de plus, ne m’a pas déçu.

Roman traduit de l’Anglais (Canada) par Henry-Luc Planchat
Paru chez Denoël Lunes d’Encre

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Une réponse à La Cité du Futur. Robert-Charles Wilson

  1. Phil dit :

    J’attaque ça demain !

Les commentaires sont fermés.