Omale. Laurent Genefort

Un monde si vaste que certains le pensent infini, sur lequel cohabitent trois espèces intelligentes : les Humains, les Hodgqins et les Chiles ; un soleil fixe au zénith ; deux saisons ; l’alternance entre le jour et la nuit créée par une couche de l’atmosphère qui change de polarité toutes les douze heures. Ainsi se présente Omale. Au fil des romans et des nouvelles de Laurent Genefort, on apprend que c’est en fait un artefact construit par une autre civilisation, inconnue et peut être disparue. Une énorme sphère enfermant un soleil, les habitants vivant sur la surface interne de la sphère. Dans un futur proche du nôtre, l’homme a essaimé dans la galaxie grâce à la découverte de « portes » permettant de voyager dans les étoiles de façon quasi instantanée. Mais un jour, tous les vaisseaux qui se trouvaient à l’intérieur de ces portes se sont retrouvés simultanément dans l’espace aérien d’Omale.

Voilà, ça c’est le cadre. Si c’était une série télé, on dirait que c’est la bible. Mais le cycle Omale ne raconte pas l’Histoire d’Omale. Ce sont des romans et des nouvelles totalement indépendantes, qui se déroulent dans ce cadre-là, à des époques très différentes, certaines en temps de guerre entre les espèces, d’autres en temps de paix. Denoël a réuni en deux tomes l’intégrale des romans et nouvelles de ce cycle parus à ce jour.

Omale, le premier roman, peut faire penser à Hyperion, de Dan Simmons. Un grand voyage entrepris par des individus des différentes espèces, qui ont chacun reçu un billet  de transport (ils ne savent pas de qui) pour se rendre au même endroit. Au cours du voyage, ils finissent par se rencontrer, et racontent un à un leur vie d’avant ce voyage.

Les Conquérants d’Omale se passe bien avant Omale, en pleine guerre entre les espèces. Une quatrième espèce est au coeur du roman, les Aezirs, capable de voyager au delà de l’atmosphère. Trois lignes narratives s’entrecroisent : la principale, c’est la quête de trois Humains pour amener sur le front de la guerre humano – chile une arme subtilisée aux Chiles et qui sera susceptible de faire basculer la guerre.

Ces deux romans constituent le Tome 1 de l’intégrale.

Le tome 2 est constitué d’un roman et de nouvelles. La muraille Sainte d’Omale narre le voyage d’une expédition scientifique vers la muraille Sainte qui est, selon la légende, l’endroit où ont atterri les premiers humains. La destruction accidentelle du dirigeable de l’expédition au début du roman va sérieusement compliquer l’affaire (pour notre plus grand bonheur de lecture !)

Les nouvelles comblent les vides de l’histoire d’Omale pour certaines, en particulier la première, Aparanta, qui décrit l’arrivée simultanée des vaisseaux dans l’espace aérien d’Omale, et les premières semaines des colons. D’autres fonctionnent comme les romans, c’est à dire que ce sont des histoires indépendantes, ayant pour cadre Omale, mais d’un point de vue particulier, parfois anecdotique, et non pas omniscient.

J’avais lu Omale (alors paru chez J’ai Lu Millénaires), il y a plus de dix ans, et j’avais pas souvenir de quelque chose de très marquant. À tort ! Laurent Généfort a créé un univers incroyablement riche, et ses talents de conteurs font merveille. La lecture à la suite de l’ensemble n’est en rien fastidieuse ou répétitive, chaque roman étant très différent. Les informations sur l’univers d’Omale sont distillées de façon très habile, à la façon d’un puzzle, mais qui fonctionne sans ostentation et sans lourdeur. On est immergé dans cet univers, et on s’y sent très vite à l’aise, sans jamais ressentir le besoin de longs passages explicatifs.

Mais cette réussite « démiurgique » ne doit pas masquer la réussite de chacun des romans et de chacune des nouvelles d’un « simple » point de vue romanesque, avec de vrais moments de plaisir de lecture dedans. Les personnages sont attachants, la narration fluide, et le dépaysement, bien entendu, total.

Pour ne rien gâcher, les couvertures sont superbes, et mises à côté l’une de l’autre, forment une magnifique fresque.

Paru chez Denoël Lunes d’Encre (deux volumes)

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Une réponse à Omale. Laurent Genefort

  1. phil dit :

    Pris les 2 tomes à la bibliothèque – bonne pioche aujourd’hui puisque j’ai aussi chopé « Lointain souvenir de la peau » et le dernier Spinrad… J’entame ça cette semaine !

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