Hamlet au paradis. Jo Walton

Deuxième tome de la trilogie du « subtil changement », Hamlet au Paradis se situe temporellement quinze jours après Le Cercle de Farthing (chroniqué ici). Le point commun entre les deux livres : l’inspecteur Carmichael, accompagné du sergent Royston. Mais il sont lancés dans une enquête très différente : une bombe explose au domicile d’une actrice très connue, et la police comprend très vite qu’en fait, l’actrice et son complice retrouvé mort avec elle, étaient en train de fabriquer la bombe qui leur a explosé dans les mains.

La construction du texte est similaire au premier tome : une ligne narrative pour l’inspecteur et son enquête, une autre ligne centrée sur une actrice qui va jouer dans une mise en scène d’Hamlet dans laquelle devait aussi jouer l’actrice décédée, et dont la première sera jouée en présence d’Hitler. On alterne d’un chapitre à l’autre entre les deux lignes narratives.

Comme dans Le Cercle de Farthing, Jo Walton nous happe dès les premières pages, et ne nous lâche qu’à la fin de notre lecture, qui intervient forcément trop rapidement. Je me répète là aussi (par rapport au premier tome) mais les personnages sont toujours attachants, décrits finement, crédibles. D’autre part, la construction uchronique est bien huilée et marche parfaitement. On croit vraiment au fait que cette histoire-là de l’Europe aurait pu avoir lieu.

Cependant, j’ai parfois été un peu irrité par des maladresses stylistiques de l’auteure. Certains dialogues sonnent faux (par exemple par leur longueur), ou sont clairement « opportunistes » pour faire passer une information au lecteur. Il faudrait que je relise le premier tome pour voir si c’était déjà présent, sans que je le remarque, ou bien si le style de l’auteure s’est un peu relâché sur ce second tome.

On peut aussi regretter une construction absolument identique entre les deux volumes, parce que ça devient un peu mécanique. On verra bientôt si le troisième et dernier volume (que j’attends malgré ces quelques réserves avec impatience) est à nouveau dans cette même construction.

Au final, il n’en reste pas moins que ce deuxième tome est excellent, pas de syndrome du « tome du milieu » un peu plus faiblard que l’on trouve parfois dans les trilogies. Le rythme et l’énergie sont là, le suspense et l’originalité aussi. L’enquête va au bout, ce tome pourrait même lui aussi se lire indépendamment, mais en revanche, au fil des tomes, la situation de l’inspecteur évolue, et l’on attend vraiment de voir ce qu’il va advenir que lui, Jo Walton l’ayant laissé, à la fin de ce tome, dans une situation pour le moins inconfortable, je ne vous en dis pas plus.

Roman traduit de l’Anglais (Pays de Galles) par Florence Dolisi
Paru chez Denoël Lunes d’Encre

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Une réponse à Hamlet au paradis. Jo Walton

  1. Phil dit :

    Vais faire comme toi (d’habitude :)) et attendre le dernier tome pour lire les 2…

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